Négos de la construction : vote clair pour la grève

Négos de la construction : vote clair pour la grève

Montréal, le 19 mai 2021 – Les travailleurs et les travailleuses membres des cinq
associations représentatives de la construction ont voté à plus de 93 % en faveur d’
un mandat de grève générale illimitée, confié à l’Alliance syndicale. Il s’agit du seul
moyen de pression permis dans l’industrie de la construction. Cela signifie qu’à partir
du 21 mai prochain, les travailleuses et les travailleurs de l’industrie pourront faire
valoir leurs droits par des moyens de pression illimités. Sans donner d’indication sur
le moment précis du déclenchement des moyens de pression, les syndicats donneront
un préavis de grève de 12 à 24 heures.

« Notre premier objectif est d’en arriver à une entente négociée. Cependant, les
travailleurs et travailleuses de la construction nous ont donné un mandat clair et nous
n’hésiterons pas à nous en servir si la situation aux tables de négociation perdure. À
ce stade-ci, aucune date limite n’a été établie, mais nos membres sont prêts à aller
jusqu’au bout si les employeurs ne négocient pas de bonne foi », affirme Éric Boisjoly,
porte-parole de l’Alliance syndicale.

La géolocalisation met en péril la vie privée des membres et la négociation
Une des principales raisons pour lesquelles les négociations ne sont pas concluantes
est la volonté des associations patronales de rattacher une entente à la table du tronc
commun (avantages sociaux, retraite et assurances) à l’imposition du pointage par
localisation automatique. Cette technologie fonctionnant sur la géolocalisation
représente un risque imminent pour la protection de la vie privée des travailleurs et
des travailleuses. D’ailleurs, une décision arbitrale confirmée par la Cour supérieure
a indiqué récemment que ces applications contreviennent aux conventions collectives
actuelles. Malgré tout, la partie patronale, en particulier l’Association de la construction
du Québec (ACQ), insiste pour introduire ces outils et pour en faire une condition à
l’obtention d’une entente à la table du tronc commun. Il est important de rappeler que
ce sont les blocages de l’ACQ qui avaient forcé les syndicats à avoir recours à la grève
en 2013 et 2017.

L’absence de rétroactivité force les choses
Il est essentiel de rappeler que l’absence de clauses de rétroactivité des salaires dans
l’industrie de la construction crée une dynamique où les associations patronales n’ont
pas intérêt à régler rapidement la négociation des conventions collectives avant la
menace d’un conflit de travail. Les travailleurs et les travailleuses perdent environ 210
$ par mois tant que les nouvelles conventions collectives ne sont pas entérinées, ce
qui représente plus de 9 millions de dollars par semaine.

L’Alliance syndicale espère qu’après deux conflits de travail, les associations
patronales entendront raison et signeront des ententes négociées afin d’augmenter la
rétention dans l’industrie, d’assurer la pérennité des régimes d’avantages sociaux et
de retraite et de rendre l’industrie de la construction plus attrayante.

 

 

Négos dans la construction : l’Alliance syndicale veut assurer la rétention de la main-d’œuvre

Négos dans la construction : l’Alliance syndicale veut assurer la rétention de la main-d’œuvre

Montréal, le 5 mai 2021 – Les conventions collectives de la construction étant venues à échéance vendredi dernier, l’Alliance syndicale demande aux associations patronales de revenir à la table de négociation et de négocier de bonne foi pour assurer la rétention des travailleuses et des travailleurs de la construction. Les associations syndicales présentent des demandes raisonnables, soit une augmentation de 8,2 % sur quatre ans, la pérennité du régime d’avantages sociaux et de retraite ainsi que la protection des emplois en région. Selon l’Alliance, les négociations se poursuivent, mais les associations patronales ont besoin de se concentrer sur des mesures simples qui favorisent la rétention de la main-d’œuvre dans l’industrie et permettent à tous les acteurs de l’industrie de contribuer à la relance économique post-pandémie.

Une industrie attractive avec de meilleures conditions de travail
Un récent sondage de la Commission de la construction du Québec (CCQ) conclut que 35% de la nouvelle main-d’œuvre de la construction quitte l’industrie après cinq ans, entre autres, à cause des mauvaises conditions de travail. « Après avoir entendu les associations patronales clamer qu’il y avait une pénurie de main-d’œuvre au cours des dernières années, l’Alliance syndicale s’attendait à ce que des gestes concrets soient posés afin de rendre l’industrie de la construction plus attractive. Or, les associations patronales sont dans le déni si elles pensent qu’on peut garder notre monde dans l’industrie sans améliorer leur gagne-pain », déclare Éric Boisjoly, porte-parole de l’Alliance syndicale.

Les emplois en région, une priorité
L’embauche régionale est un des principes fondamentaux du système de gestion de main-d’œuvre de la construction. Ce système priorise des milliers d’emplois dans toutes les régions tout en permettant une mobilité de la main-d’œuvre. La construction est le fer de lance de la relance économique du Québec. Ces retombées économiques doivent bénéficier aux travailleurs et aux travailleuses de toutes les régions du Québec. Auparavant, il y avait un consensus dans l’industrie sur les règles de mobilité, mais l’ACQ a judiciarisé le sujet en contestant devant les tribunaux les clauses de convention collective qu’elle avait elle-même signées. La cause sera entendue sur le fond en 2022 par la Cour supérieure du Québec.

Oui à l’innovation technologique, mais pas n’importe comment
Les associations patronales demandent l’ouverture des syndicats à l’intégration de nouvelles technologies. Par contre, le progrès technologique ne doit pas se faire à n’importe quel prix.  Alors que toutes les parties s’étaient entendues pour régler le dossier des avantages sociaux et qu’elles étaient très près d’une entente, les associations patronales veulent rendre celle-ci conditionnelle à l’utilisation obligatoire d’une application mobile qui impose la géolocalisation des travailleuses et des travailleurs par le biais de leur appareil mobile. L’Alliance syndicale s’oppose à l’utilisation du téléphone intelligent à des fins de géolocalisation et de pointage. D’ailleurs, un tribunal d’arbitrage a statué récemment en interdisant l’usage d’une telle application sur l’appareil de la travailleuse ou du travailleur.

Les négociations se poursuivent et l’Alliance syndicale a espoir qu’après deux conflits de travail en 2013 et en 2017, les associations patronales entendront raison et signeront une entente négociée qui augmentera la rétention, rendra l’industrie de la construction plus attrayante et, surtout, permettra de maintenir les activités sur les chantiers de construction, essentielles à l’économie du Québec.

 

 

En 2020, 44 décès liés au travail dans la construction : Jean Boulet doit bonifier le projet de loi n°59 pour changer ce bilan

En 2020, 44 décès liés au travail dans la construction : Jean Boulet doit bonifier le projet de loi n°59 pour changer ce bilan

Montréal, le 28 avril 2021 – En ce Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail, l’Alliance syndicale de la construction reçoit avec une grande consternation, mais sans surprise, les données rendues publiques par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). En 2020, 44 travailleurs de la construction sont décédés et quelque 7500 ont subi un accident du travail. Les syndicats de la construction refusent d’oublier ces hommes et ces femmes, toujours trop nombreux, qui se blessent ou perdent la vie au travail année après année.

Alors que les heures travaillées ont baissé de 9,1 % en 2020 en raison des arrêts de travail en lien avec la pandémie de la COVID-19, les syndicats s’attendaient à une plus grande baisse des accidents et des décès. Toutes proportions gardées, ces accidents et ces décès se sont maintenus en comparaison avec 2019, une année tristement record. Ce lourd bilan secoue énormément l’industrie : il est inconcevable que cela se produise encore aujourd’hui. Rappelons que les travailleuses et les travailleurs de la construction représentent 5 % de la main-d’œuvre au Québec, mais 25 % des décès liés au travail.

Dans sa forme actuelle, le projet de réforme en santé et sécurité (projet de loi n° 59), déposé par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, ne permettra pas de diminuer les accidents du travail dans la construction.

Le gouvernement doit en finir avec les accidents dans l’industrie de la construction

En dépit de nombreuses solutions qui ont été mises en place durant ces quatre dernières décennies, le bilan des accidents et des décès dans la construction est toujours dramatique. Les syndicats demandent au ministre du Travail d’assurer un meilleur contrôle de la santé et sécurité sur les chantiers de construction en acceptant de bonifier son projet de loi selon les recommandations émises par le monde du travail.

Des représentants en santé et sécurité indépendants des patrons : une solution sûre pour une prévention efficace
Au contraire de ce que propose le projet de loi 59, l’Alliance syndicale de la construction revendique des représentants en santé et sécurité plus nombreux, autonomes et indépendants des patrons pour garantir une prévention efficace.

Rappelons que le ministre Boulet dispose toujours du temps et des pouvoirs pour amender le projet de loi 59 et sauver des vies.

À propos
L’Alliance syndicale représente les 195 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les cinq syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

 

L’Alliance syndicale revendique des négociations à armes égales et appuie le PL 790

L’Alliance syndicale revendique des négociations à armes égales et appuie le PL 790

Montréal, le 15 avril 2021 – L’Alliance syndicale accueille avec grand bonheur le projet de loi 790 du député d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc de Québec Solidaire. Le projet de loi modifiant la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction (R-20) afin d’équilibrer les rapports de force viendra rétablir l’équilibre dans les négociations des conventions collectives dans la construction : les travailleuses et travailleurs sont pénalisés par l’absence de possibilité de rétroactivité et de mesures anti-briseurs de grève dans la Loi R-20 qui régit les négociations de la construction. Ils sont les seuls à ne pas avoir accès à ces mécanismes pour leurs négociations au Québec. L’Alliance syndicale désire rééquilibrer le rapport de force pour permettre la négociation à armes égales.

L’absence de rétroactivité fait perdre 100 millions $
L’absence de mesures rétroactives crée une dynamique où les associations patronales n’ont pas intérêt à régler rapidement une négociation de convention collective avant la menace d’un conflit de travail. Lors de la dernière négociation, les travailleuses et travailleurs auraient pu obtenir 100 millions $ de plus si les augmentations de salaires négociées avaient pu être appliquées rétroactivement.

« Sans rétroactivité, la Loi R-20 nous force à adopter rapidement des moyens de pression et ne laisse pas aux parties syndicales le temps de négocier. Ça donne le beau jeu aux associations patronales pour ralentir le processus à leur avantage. Chaque jour qui passe, ils gagnent de l’argent. Si comme tous les autres travailleurs du Québec, la construction obtient la rétroactivité, nous serons moins forcés d’avoir recours à la grève. Ce serait gagnant pour tous », explique Éric Boisjoly, porte-parole de l’Alliance syndicale.

Sans mesures anti-briseurs de grève, la tension monte sur les chantiers
La Loi R-20 ne prévoit pas de mesures anti-briseurs de grève et cette absence crée des tensions lors des conflits de travail. Les travailleuses et travailleurs se retrouvent coincés entre leur droit légitime de faire la grève et les pressions patronales. Tous les autres milieux de travail syndiqués bénéficient de mesures anti-briseurs de grève inscrites dans le Code du travail depuis 1977.

Les négociations de la construction et la relance économique
Les conventions collectives de la construction viendront à échéance le 30 avril 2021. Les parties syndicales et patronales sont en négociations continues. Alors que le Québec compte sur la construction pour relancer l’économie du Québec, l’Alliance syndicale veut pouvoir négocier à armes égales.

Pour signifier leur appui au projet de Loi 790, les membres de l’Alliance syndicale manifesteront devant le bureau du premier ministre François Legault à Montréal dans le respect des normes sanitaires.

 

Le port du masque obligatoire  en tout temps à l’intérieur sur les chantiers

Le port du masque obligatoire en tout temps à l’intérieur sur les chantiers

Montréal, 8 avril 2021 – Depuis le 30 mars 2021, l’institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a recommandé le port du masque obligatoire pour enrayer la propagation des nouveaux variants de la Covid-19.

Cette recommandation vient d’être entérinée par la CNESST, mentionnant que le port du masque obligatoire est une mesure complémentaire à celles qui sont déjà en place. Bien que dorénavant, le port du masque doit se faire en tout temps à l’intérieur, il est important que les règles déjà en place, notamment celles de distanciation et de l’hygiène des mains soient aussi respectées.

  • Les travailleurs et travailleuses de la construction doivent donc porter leur masque en tout temps lorsqu’ils sont à l’intérieur pour exécuter des travaux.
  • Si les travaux se font à l’extérieur, le port du masque en tout temps est exigé si des interactions à moins de 2 mètres avec des collègues de travail sont inévitables.
  • Si le travailleur est isolé dans une cabine, le port du masque n’est pas obligatoire.

Par contre, il est possible que les directions de santé publique dans certaines régions décident que le masque est obligatoire même à l’extérieur en fonction de l’évolution de la pandémie.

Le type de masque qui est accepté sur les milieux de travail a également été élargi (masque médical ou d’un masque attesté par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ)).

Pour consulter le document de la CNESST: Mesures de contrôle dans les milieux de travail en contexte d’apparition de variants sous surveillance rehaussée

 

 

L’Alliance syndicale de la construction demande des mesures d’urgence sur la rétention de la main-d’œuvre

L’Alliance syndicale de la construction demande des mesures d’urgence sur la rétention de la main-d’œuvre

MONTRÉAL, le 22 mars 2021  – Un récent sondage mené par la CCQ démontre que l’industrie de la construction a un sérieux problème de rétention de main-d’œuvre. Alors que les conventions collectives viendront à échéance le 30 avril prochain, l’Alliance syndicale s’inquiète que 35 % des gens qui joignent l’industrie la quittent après cinq ans.

La parole aux travailleurs et aux travailleuses
Depuis des années, les associations patronales disent que l’industrie de la construction du Québec vit une rareté de main-d’œuvre. Or, le sondage de la CCQ, effectué auprès d’un peu moins de 3000 travailleurs et travailleuses, apporte un éclairage nouveau sur le sujet. Plutôt que de se questionner sur sa capacité d’attirer de la nouvelle main-d’œuvre, l’industrie devrait plutôt tenter d’améliorer sa capacité de rétention.

Un problème de sécurité et de précarité
Les mauvaises conditions de travail sont l’une des principales causes invoquées par ceux qui quittent l’industrie. Plus de la moitié d’entre eux considèrent que la précarité d’emploi est trop grande ou encore que les délais de production sont trop courts. Le tiers jugent aussi que leur sécurité n’est pas convenablement assurée par les mesures en place.

Une réglementation caduque qui doit être mise à jour avant son adoption
Le sondage ayant été effectué en janvier 2020, la Commission a volontairement caché les résultats jusqu’à aujourd’hui.  Pendant ce temps, les instances de la CCQ ont travaillé sur des propositions afin de faciliter l’attractivité de l’industrie alors que la rétention est la véritable problématique à adresser si l’on veut répondre aux besoins d’une main-d’œuvre qualifiée et productive.  L’Alliance syndicale demande donc au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, de surseoir au règlement qui a été déposé pour consultation en décembre dernier et d’ordonner à la CCQ de mettre à jour les travaux pour que les propositions répondent aux véritables besoins de l’industrie.

“Nous ne comprenons pas pourquoi la CCQ n’a pas voulu dévoiler ces résultats alors que nous faisons des propositions pour améliorer la rétention qui n’était que peu ou pas retenue.  C’est pourquoi nous ne voyons pas comment les autorités pourraient adopter un règlement alors que l’information était alors incomplète et que nous n’avions pas le bon objectif.  Les travaux doivent être revus et un nouveau règlement devra être déposé” affirme Éric Boisjoly, porte-parole de l’Alliance syndicale.

L’Alliance syndicale représente les 195 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations des conventions collectives. Elle regroupe les cinq syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.