Lettre ouverte: C’était écrit dans le ciel

Lettre ouverte: C’était écrit dans le ciel

Dans une lettre ouverte publiée dans La Presse hier, un compagnon de l’Inter explique les raisons qui l’ont poussé à quitter l’industrie de la construction. Lire la lettre complète

Voici ce qu’il dénonce :

  • L’accélération de l’accès au statut de compagnon, qu’il considère comme une dévalorisation de l’expérience et de la compétence.
  • Le manque d’expérience de certains travailleurs qui arrivent plus rapidement sur les chantiers.
  • Les changements réglementaires liés à la pénurie de main-d’œuvre, qu’il juge avoir abaissé certains standards.
  • Un sentiment de perte de reconnaissance et de valorisation du statut de compagnon.

Son témoignage est personnel, mais il soulève une question qui concerne toute l’industrie : comment peut-on attirer suffisamment de travailleurs si on n’arrive pas à retenir ceux qui ont déjà choisi la construction? Plus largement, le constat que l’industrie semble privilégier le nombre de travailleurs disponibles plutôt que leur formation, leur compétence et leur rétention.

La réaction de la CCQ est révélatrice : elle annonce vouloir revoir les mesures mises en place pour répondre à la rareté de main-d’œuvre. Entrevue complète au 98.5FM

Très bien.

Mais il faudrait peut-être revenir six ans en arrière.

En 2020, nous avions déjà sonné l’alarme.

Lorsque les mesures ont été élaborées, l’Inter ne niait aucunement la pénurie de main-d’œuvre. Au contraire, nous avons reconnu la nécessité d’agir et avons identifié plusieurs solutions :

1) favoriser la diplomation;
2) augmenter le nombre de formations;
3) améliorer la rétention;
4) mieux répartir les besoins de main-d’œuvre par une meilleure planification des travaux.

Ce qu’on disait « la compétence des travailleurs devait demeurer au cœur des décisions.»

C’est dans ce contexte que l’Inter a soulevé plusieurs inquiétudes concernant les mesures proposées.

On s’inquiétait notamment de permettre à un compagnon de superviser deux apprentis en dernière période. Nous craignions que cela nuise à l’apprentissage du métier sur le terrain.

On s’inquiétait aussi des certificats temporaires accordés aux étudiants. Pourquoi? Parce qu’un étudiant qui obtient un certificat de compétence alors qu’il est encore aux études pourrait être tenté d’abandonner sa formation pour rester sur les chantiers.

Même chose avec l’accélération de l’apprentissage. Les mesures permettant de bonifier les heures de formation reconnue (chaque heure de formation valant 1,5h au carnet d’apprentissage) et du fait de passer l’examen de compagnon à 85 % de l’apprentissage pouvaient sembler intéressantes pour augmenter le nombre de compagnons en chantiers. Mais l’effet cumulatif de ces mesures viendrait assurément réduire l’expérience réellement acquise avant de devenir compagnon.

Finalement, que dire de la mesure permettant l’émission d’un certificat de compétence apprenti à toute personne qui soumet un dossier pertinent de reconnaissance de l’expérience professionnelle équivalent à 35 % de l’apprentissage du métier. Encore là, à l’époque, nous avons soulevé le risque de dévaloriser le parcours des diplômés et de dérégler le cadre d’accès à l’industrie. Pourquoi aller dans un DEP d’un an quand tu peux faire reconnaître toute expérience jugée pertinente dans un autre secteur d’activité voir un autre pays?

Six ans plus tard, le constat

Malheureusement, force est de constater que nos inquiétudes se sont avérées vraies. C’était écrit en lettre majuscule dans le ciel qu’on se retrouverait avec un déficit de compétences sur nos chantiers. Mais à quoi bon écouter les représentants des travailleurs qui connaissent l’industrie parce qu’ils viennent de là? On a plutôt préféré nous dire qu’il fallait faire preuve de courage face au changement et que notre réaction face à ces mesures témoignait de notre incompréhension de la situation.

Aujourd’hui, l’industrie doit faire le bilan et se regarder en face, elle devra faire preuve de courage pour reprendre les mots entendus il y a 6 ans et s’attaquer au cœur du problème : la rétention de la main-d’œuvre. Il faut mettre en place des moyens pour garder nos travailleurs et travailleuses en chantier et revaloriser la formation professionnelle.

Alors peut-être que nous aurons une chance de faire face aux besoins de main-d’œuvre des prochaines années.

 

 

L’inter rend hommage à la mémoire des 73 travailleurs et travailleuses de la construction ayant perdu la vie l’an dernier

L’inter rend hommage à la mémoire des 73 travailleurs et travailleuses de la construction ayant perdu la vie l’an dernier

En cette Journée de commémoration des personnes décédées ou blessées au travail, L’inter qui fait parti de l’Alliance syndicale de la construction – regroupant les cinq syndicats de l’industrie –rend hommage à la mémoire de73 travailleurs et travailleuses de la construction ayant perdu la vie l’an dernier à la suite d’un accident ou d’une maladie professionnelle au Québec. 

Pour Michel Trépanier, président de l’Inter et le reste des dirigeants syndicaux, cette hausse de cinq décès par rapport à 2024 est une preuve de plus qu’il faut redoubler d’efforts en matière de prévention en santé et sécurité – l’industrie de la construction représentant, à elle seule, près de 30 % de tous les décès liés au travail dans la province. 

Projet de loi 27 : un recul majeur en prévention

Cette commémoration s’inscrit dans un contexte politique particulièrement préoccupant cette année, avec le dépôt du projet de loi 27 modifiant diverses dispositions concernant les décrets de convention collective et l’industrie de la construction par le gouvernement du Québec.

Alors que la construction continue de porter le triste titre d’industrie la plus meurtrière de la province, le projet de loi 27 prévoit une diminution importante du nombre de représentant·es en santé et sécurité (RSS) à temps plein sur les chantiers – les RSS étant entre autres chargé·es de porter la voix des travailleurs et travailleuses en matière de santé et sécurité et de faire respecter les règles auprès des entrepreneurs. 

Toute les parties syndicales, incluant l’Inter sont en accord que d’enlever un mécanisme de prévention autant central est un recul majeur aussi intolérable qu’inquiétant pour la vie des travailleurs et des travailleuses. Le gouvernement doit revenir en arrière et proposer les amendements nécessaires à son projet de loi pour resserrer les règles, et non pas donner carte blanche aux employeurs pour les contourner. Sans les RSS à temps plein, les chantiers continueront de coûter la vie à trop de travailleurs et travailleuses.

Négos 2025-2029 – Secteur résidentiel – L’Alliance syndicale se réjouit de la décision arbitrale

Négos 2025-2029 – Secteur résidentiel – L’Alliance syndicale se réjouit de la décision arbitrale

L’Alliance syndicale de la construction – dont l’Inter fait parti – a accueilli favorablement la décision arbitrale rendue hier soir. La décision vient clore le processus d’arbitrage entamé à l’automne 2025, entre l’Alliance syndicale de la construction et l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), afin de donner suite à l’entente acceptée par les membres des deux parties, en juillet dernier.

Le processus d’arbitrage concernait les années 2026-2027-2028, avec comme paramètres minimum 18% et comme maximum 24.35%. Il visait l’obtention d’une décision impartiale et juste, dans les meilleurs délais possibles.

La décision arbitrale décide les taux suivants :

Les taux de salaire apparaissant à l’Annexe R-1 (sous-secteur résidentiel lourd) doivent être majorés de :

  • 5 % au 26 avril 2026 ;
  • 5 % au 25 avril 2027 ;
  • 4 % au 30 avril 2028.

Total pour 2025-2029 : 22 %

  • Les taux de salaire apparaissant à l’annexe R (sous-secteur résidentiel léger) doivent être augmentés de :
    • 5,5 % au 26 avril 2026 ;
    • 5,5 % au 25 avril 2027 ;
    • 4,5 % au 30 avril 2028.

    Total pour 2025-2029 : 23,5 %

Les grilles de salaire seront rendues disponibles sous peu.

Grâce au travail rigoureux mené devant l’arbitre, l’Alliance syndicale a réussi à convaincre et à obtenir un résultat satisfaisant, constituant un pas concret vers une meilleure reconnaissance de la valeur du travail des travailleurs et des travailleuses.

« Après plusieurs mois de négociation, de grève et d’arbitrage, cette décision met fin à un long processus » affirme Alexandre Ricard, porte-parole de l’Alliance syndicale de la construction. Il s’agit d’une solution ponctuelle et contextuelle évitant d’aggraver la situation relative aux écarts de salaire entre le secteur résidentiel (particulièrement le sous-secteur léger), et le secteur institutionnel et commercial.

« L’Alliance syndicale de la construction est ravie car il était primordial pour nous de ne pas accroître l’écart de salaire. Nous défendrons avec vigueur les droits des travailleurs et des travailleuses dans le comité sur l’attractivité et la rétention du personnel dans le secteur résidentiel – qui inclut le rattrapage salarial – afin d’obtenir des gains tangibles. »

Pour lire le communiqué, cliquez ici.

Votre Interjournal 2025

Votre Interjournal 2025

L’Interjournal 2025 est arrivé : une édition cruciale pour notre mouvement

Chères consœurs, votre numéro de l’Interjournal — Rétrospective 2025 devrait déjà être arrivé à votre domicile.

Ce numéro n’est pas qu’une simple revue annuelle. Il est une véritable représentation de la force, de la clarté et de la solidarité qui unissent nos membres, une année durant où les vents contraires ont soufflé fort.

À l’intérieur, vous découvrirez :

🔹 Deux prises de parole qui frappent droit au cœur : Michel Trépanier et Patrick Bérubé y rappellent que l’Inter n’est pas en mode survie — il est en mode conquête. Plus vivant, plus moderne et plus influent que jamais.

🔹 Un dossier complet sur la santé et la sécurité, qui met en évidence : le rôle central de l’ASP-Construction, le déploiement des représentants en santé et sécurité (RSS), et la reconnaissance du travail colossal accompli sur les chantiers.

🔹 Les augmentations majeures des conditions de travail au 26 avril 2026 :

  • Salaires, déplacements, pensions, assurances, retraite, équipements — tout y est.

🔹 Un important dossier sur la formation et la compétence, où l’Inter suggère :

  • le développement de l’alternance travail-études (ATE),
  • la reconnaissance des acquis (RAC),
  • et un rôle élargi des syndicats dans la formation professionnelle.

Une couverture complète du Congrès 2025 à Saint-Sauveur, où l’Inter a exposé sa vision stratégique face au projet de loi 3, avec des interventions marquantes de :

  • Sean Strickland (CBTU),
  • Audrey Murray (CCQ),
  • Mohamed Aiyar (CNESST),
  • et Alexandre Leduc de Québec Solidaire.

🔹 Un dossier sans concession sur le projet de loi 3, qui met en évidence la tentative du gouvernement d’affaiblir le pouvoir syndical.

🔹 Des enjeux sociaux majeurs, dont: la campagne « Pousse, mais poussettes égales », qui vise àcombattre la discrimination systémique dans le domaine de l’assurance-emploi ; la santé exceptionnelle du régime de retraite; et les bonifications à venir des régimes d’assurance Medic Construction et de l’application « Construire en santé ».

📬 Si vous n’avez pas encore reçu votre Interjournal, veuillez contacter votre section locale.

L’Interjournal 2025, la voix de votre mouvement.

Cliquez sur l’image pour afficher le journal.

 

 

Alexandre Leduc donne la voix à notre mémoire

Alexandre Leduc donne la voix à notre mémoire

Le député Alexandre Leduc donne enfin voix à notre mémoire sur le projet de loi 3

Le 10 décembre 2025, lors des travaux de la Commission de l’économie et du travail, le député Alexandre Leduc a pris l’initiative de lire publiquement plusieurs extraits de notre mémoire portant sur le projet de loi 3.

Une intervention importante, surtout considérant que notre organisation n’a pas été invitée à présenter son point de vue, malgré le fait que nous représentons 45 000 travailleuses et travailleurs de l’industrie de la construction.

Le ministre Boulet avait choisi de ne pas nous entendre.

Ironiquement, c’est en commission — par la voix d’un député de l’opposition — qu’il aura finalement été confronté à nos arguments, nos préoccupations et nos recommandations. Et nous nous en réjouissons : nos membres méritent que leur réalité soit portée au débat public, surtout lorsqu’il est question de démocratie syndicale, de représentation et de santé et sécurité sur les chantiers.

Un exercice démocratique essentiel

Le mémoire que nous avions préparé soigneusement ne servait pas qu’à prendre position : il visait à éclairer le législateur sur les conséquences réelles et concrètes du PL3.
Qu’il ait été lu en commission, même en notre absence forcée, témoigne de la pertinence de nos analyses et de l’importance de notre contribution au débat.

Nous tenons à remercier M. Leduc pour son sérieux, son respect du processus démocratique et sa volonté d’amener toutes les voix à la table — même celles que le ministre a tenté d’écarter.

Consultez notre mémoire

Nous invitons toutes les personnes intéressées à en prendre connaissance :

👉 Lire le mémoire complet : Mémoire PL 3

Négos 2025-2029  les travailleurs et travailleuses de la construction acceptent l’entente de principe au secteur Résidentiel

Négos 2025-2029 les travailleurs et travailleuses de la construction acceptent l’entente de principe au secteur Résidentiel

Les membres de l’Alliance syndicale de la construction – dont l’Inter fait parti – ont voté en faveur de l’entente conclue dans le secteur Résidentiel. Les votes effectués auprès des membres de chaque syndicat confirment l’entente sectorielle conclue avec l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) le 18 juin dernier.

L’application de la nouvelle convention collective débutera le 27 juillet 2025.

Pourcentage obtenu en faveur de l’entente : 83,4%

Les membres ont été consultés via leurs instances respectives, pour prendre une décision sur l’entente de principe dans le cadre d’un vote. Celle-ci contenait les éléments suivants :

  • Augmentation salariale de 8% à la signature (2025) ;
  • Arbitrage pour les années 2026-2027-2028 avec comme paramètres minimum 18% et maximum 24,35% ;
  • Assouplissement des clauses relatives aux mouvements de main-d’œuvre (durée du droit de rappel pour les salarié.e.s ayant moins de 1500 heures) ;
  • Bonification des frais de déplacement et des frais de chambre et pension ;
  • Bonification de 5¢ de l’indemnité pour les équipements de sécurité dans le résidentiel léger, pour assurer le même montant que dans le résidentiel lourd ;
  • Mise sur pied d’un comité pour discuter de l’attractivité et la rétention du personnel dans le secteur résidentiel, incluant le rattrapage salarial et les modalités de la période d’essai

Le processus d’arbitrage qui aura lieu à l’automne permettra aux parties impliquées de présenter l’ensemble de leurs demandes salariales, afin d’obtenir une décision impartiale et juste, dans les meilleurs délais possibles.

« L’Alliance syndicale confirme la ratification de l’entente présentée à ses membres, qui permettra d’assurer des contrats de travail – et de meilleures conditions – pour les prochaines années. Nous poursuivons le travail en arbitrage pour bien représenter nos membres du Résidentiel, afin d’obtenir des augmentations de salaire qui ne creuseront pas davantage l’écart avec les autres secteurs de l’industrie » affirme Alexandre Ricard, porte-parole de l’Alliance syndicale.

Pour lire le communiqué, cliquez ici.