Négos dans la construction : l’Alliance syndicale veut assurer la rétention de la main-d’œuvre

Négos dans la construction : l’Alliance syndicale veut assurer la rétention de la main-d’œuvre

Montréal, le 5 mai 2021 – Les conventions collectives de la construction étant venues à échéance vendredi dernier, l’Alliance syndicale demande aux associations patronales de revenir à la table de négociation et de négocier de bonne foi pour assurer la rétention des travailleuses et des travailleurs de la construction. Les associations syndicales présentent des demandes raisonnables, soit une augmentation de 8,2 % sur quatre ans, la pérennité du régime d’avantages sociaux et de retraite ainsi que la protection des emplois en région. Selon l’Alliance, les négociations se poursuivent, mais les associations patronales ont besoin de se concentrer sur des mesures simples qui favorisent la rétention de la main-d’œuvre dans l’industrie et permettent à tous les acteurs de l’industrie de contribuer à la relance économique post-pandémie.

Une industrie attractive avec de meilleures conditions de travail
Un récent sondage de la Commission de la construction du Québec (CCQ) conclut que 35% de la nouvelle main-d’œuvre de la construction quitte l’industrie après cinq ans, entre autres, à cause des mauvaises conditions de travail. « Après avoir entendu les associations patronales clamer qu’il y avait une pénurie de main-d’œuvre au cours des dernières années, l’Alliance syndicale s’attendait à ce que des gestes concrets soient posés afin de rendre l’industrie de la construction plus attractive. Or, les associations patronales sont dans le déni si elles pensent qu’on peut garder notre monde dans l’industrie sans améliorer leur gagne-pain », déclare Éric Boisjoly, porte-parole de l’Alliance syndicale.

Les emplois en région, une priorité
L’embauche régionale est un des principes fondamentaux du système de gestion de main-d’œuvre de la construction. Ce système priorise des milliers d’emplois dans toutes les régions tout en permettant une mobilité de la main-d’œuvre. La construction est le fer de lance de la relance économique du Québec. Ces retombées économiques doivent bénéficier aux travailleurs et aux travailleuses de toutes les régions du Québec. Auparavant, il y avait un consensus dans l’industrie sur les règles de mobilité, mais l’ACQ a judiciarisé le sujet en contestant devant les tribunaux les clauses de convention collective qu’elle avait elle-même signées. La cause sera entendue sur le fond en 2022 par la Cour supérieure du Québec.

Oui à l’innovation technologique, mais pas n’importe comment
Les associations patronales demandent l’ouverture des syndicats à l’intégration de nouvelles technologies. Par contre, le progrès technologique ne doit pas se faire à n’importe quel prix.  Alors que toutes les parties s’étaient entendues pour régler le dossier des avantages sociaux et qu’elles étaient très près d’une entente, les associations patronales veulent rendre celle-ci conditionnelle à l’utilisation obligatoire d’une application mobile qui impose la géolocalisation des travailleuses et des travailleurs par le biais de leur appareil mobile. L’Alliance syndicale s’oppose à l’utilisation du téléphone intelligent à des fins de géolocalisation et de pointage. D’ailleurs, un tribunal d’arbitrage a statué récemment en interdisant l’usage d’une telle application sur l’appareil de la travailleuse ou du travailleur.

Les négociations se poursuivent et l’Alliance syndicale a espoir qu’après deux conflits de travail en 2013 et en 2017, les associations patronales entendront raison et signeront une entente négociée qui augmentera la rétention, rendra l’industrie de la construction plus attrayante et, surtout, permettra de maintenir les activités sur les chantiers de construction, essentielles à l’économie du Québec.

 

 

L’Alliance syndicale de la construction demande des mesures d’urgence sur la rétention de la main-d’œuvre

L’Alliance syndicale de la construction demande des mesures d’urgence sur la rétention de la main-d’œuvre

MONTRÉAL, le 22 mars 2021  – Un récent sondage mené par la CCQ démontre que l’industrie de la construction a un sérieux problème de rétention de main-d’œuvre. Alors que les conventions collectives viendront à échéance le 30 avril prochain, l’Alliance syndicale s’inquiète que 35 % des gens qui joignent l’industrie la quittent après cinq ans.

La parole aux travailleurs et aux travailleuses
Depuis des années, les associations patronales disent que l’industrie de la construction du Québec vit une rareté de main-d’œuvre. Or, le sondage de la CCQ, effectué auprès d’un peu moins de 3000 travailleurs et travailleuses, apporte un éclairage nouveau sur le sujet. Plutôt que de se questionner sur sa capacité d’attirer de la nouvelle main-d’œuvre, l’industrie devrait plutôt tenter d’améliorer sa capacité de rétention.

Un problème de sécurité et de précarité
Les mauvaises conditions de travail sont l’une des principales causes invoquées par ceux qui quittent l’industrie. Plus de la moitié d’entre eux considèrent que la précarité d’emploi est trop grande ou encore que les délais de production sont trop courts. Le tiers jugent aussi que leur sécurité n’est pas convenablement assurée par les mesures en place.

Une réglementation caduque qui doit être mise à jour avant son adoption
Le sondage ayant été effectué en janvier 2020, la Commission a volontairement caché les résultats jusqu’à aujourd’hui.  Pendant ce temps, les instances de la CCQ ont travaillé sur des propositions afin de faciliter l’attractivité de l’industrie alors que la rétention est la véritable problématique à adresser si l’on veut répondre aux besoins d’une main-d’œuvre qualifiée et productive.  L’Alliance syndicale demande donc au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, de surseoir au règlement qui a été déposé pour consultation en décembre dernier et d’ordonner à la CCQ de mettre à jour les travaux pour que les propositions répondent aux véritables besoins de l’industrie.

“Nous ne comprenons pas pourquoi la CCQ n’a pas voulu dévoiler ces résultats alors que nous faisons des propositions pour améliorer la rétention qui n’était que peu ou pas retenue.  C’est pourquoi nous ne voyons pas comment les autorités pourraient adopter un règlement alors que l’information était alors incomplète et que nous n’avions pas le bon objectif.  Les travaux doivent être revus et un nouveau règlement devra être déposé” affirme Éric Boisjoly, porte-parole de l’Alliance syndicale.

L’Alliance syndicale représente les 195 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations des conventions collectives. Elle regroupe les cinq syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

 

 

Coup d’envoi des négociations 2021-2025 dans la construction

Coup d’envoi des négociations 2021-2025 dans la construction

Montréal, le 21 janvier 2021

Les associations syndicales et patronales ont déposé aujourd’hui les cahiers de demandes pour le renouvellement des quatre conventions collectives de la construction qui viendront à échéance le 30 avril 2021.

L’Alliance syndicale, qui regroupe les cinq associations syndicales de l’industrie de la construction, a rassemblé les revendications des travailleuses et des travailleurs en six grands enjeux :

  • Rémunération et pouvoir d’achat
  • Pérennité des régimes d’assurance et de retraite
  • Hygiène, santé et sécurité en chantier
  • Réussite des femmes dans l’industrie
  • Famille et qualité de vie
  • Application des conventions collectives

Les syndicats ont uni leurs revendications afin de créer un projet unique par secteur qui servira à la négociation avec les associations patronales. Les consultations ont été faites par chacun des syndicats au cours de l’été et de l’automne, selon les structures. Les négociations de la construction touchent plus de 192 000 travailleuses et travailleurs et un peu plus de 25 000 employeurs. Le processus de négociation est encadré par la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction (Loi R‐20).

À propos de l’Alliance syndicale
L’Alliance syndicale représente les 192 000 travailleuses et travailleurs de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les cinq syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.